HAMILCAR-BARCA.COM
INTRODUCTION
Ce site a été conçu à l'approche du 90ème anniversaire de la bataille de Verdun, en prenant comme fil conducteur la vie et l'œuvre du lieutenant-colonel Driant. Celui-ci, dont les deux bataillons de Chasseurs à pied se trouvaient au centre du secteur d'attaque, fut tué au deuxième jour de la bataille, le 22 février 1916.
Officier de carrière, écrivain d'anticipation, parlementaire, il n'avait fait l'objet d'aucune étude approfondie avant que l'auteur du site ne lui consacrât une thèse, soutenue au Centre d'Histoire militaire de l'Université Paul Valéry, à Montpellier, en 1992. Ce travail bénéficia de l'aide de la famille, qui voulut bien ouvrir ses inestimables archives. Sur cette base, le site a été développé en élargissant le propos à la quarantaine de publications, principalement d'histoire militaire, effectuées depuis 1980.
Toutefois, l'auteur ne s'est pas limité à cette seule catégorie : il a profité d'opportunités, répondu à des appels à communications, notamment pour les congrès annuels du CTHS (Comité des Travaux Historiques et Scientifiques), en s'efforçant de tirer parti de sa formation scientifique et de sa carrière militaire dans la réserve.
Le classement thématique de ces publications conduit à diviser le site en quatre chapitres : - la vie et l'oeuvre d'Emile Driant - l'histoire des sciences et des techniques - l'histoire militaire et la fortification - autour de Jules Verne Les textes reproduits ont été publiés et sont accompagnés de leur référence bibliographique. Les articles récents ou sous presse n'apparaissent que par un résumé. Cet acquis, ainsi que les travaux en cours, permettront de faire vivre le site de nombreuses années.
Pourquoi Carthage ?Le mythe des civilisations disparues a toujours fait rêver. En outre, le choix d'un nom issu de l'Antiquité est porteur d'une connotation érudite et traduit ici l'ambition de présenter une documentation digne d'intérêt.
Au-delà de ces généralités, une raison précise est intervenue. Au début de sa carrière militaire, le lieutenant Driant servit au 4ème Zouaves, en Tunisie. Il avait épousé Mlle Marcelle Boulanger et leur fille, Marie-Térèse Andrée Virginie Taâzia, naquit à Tunis le 22 avril 1890. Ses parents firent construire peu après la villa Marcelle, à Tunis, et la villa Marie-Térèse, à Sidi Bou Saïd (cette orthographe était un hommage à Santa Teresa de Avila). Celle-ci, au bord de la mer, existe toujours. Elle est voisine de l'emplacement de l'antique Carthage, que Driant évoqua dans plusieurs de ses textes. Il était, dès lors, tout indiqué de baptiser ce site du nom d'un Carthaginois.
Qui fut Hamilcar Barca ?
Il fut un homme d'Etat et un général carthaginois, fondateur de la dynastie des Barcides (environ 270-229 avant J-C). Son surnom de Barca, ou Barkas, vient du mot hébreu barak qui signifie foudre, éclair. Il fait références aux origines phéniciennes des Carthaginois, dont la ville fut fondée par des Tyriens.
Le suffète Hamilcar se distingua durant la première guerre punique, vers –250, en commandant les forces carthaginoises qui combattaient les Romains en Sicile. Après la défaite carthaginoise aux îles Aegates en –241, la paix fut conclue. C'était une défaite pour Carthage, mais les forces invaincues d'Hamilcar purent quitter la Sicile, abandonnée à Rome.
C'est alors qu'eut lieu le soulèvement de leurs mercenaires, qui assiégèrent Carthage pour réclamer leur solde. Au terme de plus de trois années de combats, ils furent exterminés par Hamilcar dans le défilé de la Hache.
Sous l'impulsion du parti des Barcides, écouté parce que son chef venait de sauver la cité, le Sénat carthaginois décida de reconstituer son empire colonial à partir du sud de l'Espagne. L'expédition fut confiée à Hamilcar, qui emmena son gendre Hasdrubal, ses fils Magon, Hasdrubal et Hannibal, âgé de neuf ans. Il avait fait jurer à celui-ci, devant les autels, une haine éternelle aux Romains. Après huit années de combats victorieux, Hamilcar mourut prématurément au siège d'Héliké (Elche), lors de l'hiver 229-228. Les troupes élirent alors pour chef son gendre Hasdrubal.
Terminons cette brève biographie par deux citations : "Hamilcar surpassa de loin les Carthaginois de son époque en compétence militaire et en diplomatie, ainsi qu'en patriotisme. De ces qualités, il a été surpassé seulement par son fils Hannibal, qu'il avait imprégné de sa haine pour Rome et formé pour être son successeur". (Encyclopédie Wikipédia)
"Les Barcides furent une lignée d'hommes de génie, qui portèrent Carthage au faîte de sa puissance." (Lapeyre et Pellegrin, Carthage punique, Payot, 1942)
Les jardins d'Hamilcar
C'est en 1862 que Gustave Flaubert publia l'un de ses romans les plus connus, Salammbô. Il y avait travaillé cinq ans et effectué l'année précédente un voyage à Carthage pour compléter sa documentation. L'action se passe à l'époque du siège de la ville par les mercenaires. Le personnage principal est en fait Hamilcar, père de Salammbô, dont la personnalité et le pouvoir dominent les événements :
"Ils reconnaissaient au milieu des tentes Hamilcar, qui se promenait en distribuant des ordres. Il avait le corps pris dans une cuirasse brune tailladée en petites écailles; et suivi de son cheval, de temps en temps, il s'arrêtait pour désigner quelque chose de son bras droit étendu. Alors, plus d'un se rappela des matinées pareilles quand, au fracas des clairons, il passait devant eux lentement, et que ses regards les fortifiaient comme des coupes de vin."
Le livre se termine par cette phrase pleine de panache : "Ainsi mourut la fille d'Hamilcar pour avoir touché au manteau de Tanit", mais c'est la première phrase du roman qui a fait florès et se trouve dans les anthologies de littérature française : "C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar."
L'auteur de ce site
Né en 1940, Daniel David a fait carrière au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), où il est Directeur de Recherche. Il a soutenu sa thèse d'Etat en 1972 au Groupe de Physique des Solides de l'Ecole Normale Supérieure. Physicien de formation, c'est un spécialiste de la Science des Matériaux. Il a publié 150 articles et autant de communications, collaboré à plusieurs livres (éditeur scientifique et co-auteur). Il a fondé et dirigé un Groupement de Recherche (GDR), importante formation réunissant 25 laboratoires, qui ont uni leurs compétences pour faire progresser la caractérisation des interfaces dans les multimatériaux. Il a longuement participé au programme d'enfouissement des résidus de l'industrie nucléaire.
Depuis 1980, il a entrepris parallèlement une carrière d'historien, validée par le CNRS. Celle-ci est orientée principalement vers l'histoire militaire, la fortification, l'histoire des sciences et des techniques. Il a consacré sa thèse de doctorat, soutenue en 1992 au Centre d'Histoire Militaire de l'Université de Montpellier, au lieutenant-colonel Driant.
Il a publié dans ce domaine une quarantaine d'articles et de communications. En 2006, pour le 90ème anniversaire de la bataille de Verdun, il publie aux éditions Gérard Klopp le livre tiré de cette thèse.
Ce livre a été récompensé par de nombreux prix littéraires en 2007 et 2008.
Il est également lieutenant-colonel honoraire, après une carrière de réserviste accomplie au sein du corps des ORSEM (Officiers de Réserve Spécialistes d'Etat-Major).